Le vent qui répand sur les cimes les nouvelles de la terre entière; les soupirs de toutes les forêts.... Nostalgie des temps passés, quand les elfes et les lutins, les loups et les sorcières, les mythes et les légendes les protégeaient des hommes. Les temps passés où elles régnaient sur terre, fortes et vertes, inviolées et respectées.
Maintenant, bras décharnés, doigts noueux, troncs creux.... aux automnes des continents, elles pleurent des feuilles de sang et d'ocre.
La sève, lentement descend et trouve refuge au plus profond des racines, de plus en plus loin dans le ventre de la terre, telle des veines....
Pour y trouver la force de renaître encore.
La pensée se coule dans les veines.
Le sang de la terre y répand ses rumeurs.
La pensée écoute, l'Homme Nu entend.
La clairière le réchauffe; lentement ses paupières s'entrouvrent.
La forêt chuchote, la terre raconte :
La nuit où la lune est ronde et si pleine qu'elle vient à toucher la terre et tracer les clairières.
Ces nuits-là, le hibou vient se poser sans bruit dans les bras tendus, s'accrochent à leurs doigts secs; les ombres s'ancrent dans cette rondeur rousse.
Il attend... Elle, lourde des rêves de l'Homme et d'Ailleurs peut-être, se pose et se délivre.
Lorsqu'elle remonte, légère et blanche, le hibou, du bout de l'aile, se laisse glisser sur le velours bleu et soyeux de la nuit vers de funestes agapes.
Plus tard, l'Homme Nu verra à l'intérieur de l'empreinte de lune, germer les rêves qu'elle y a déposés.
C'est ce que racontent la terre et les forêts.
C'est ce qu'entend la pensée.
A l'abri des racines, sous le couvert de cette verte mère, la terre lève ses armées.
Seul l'Homme Nu connaîtra ses secrets.
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