mercredi 23 décembre 2015

extrait "Les yeux ouverts"

Quand, à l'ombre du jour, le soleil s'enfouit.

Quand, à l'aube de la nuit, la lune jaillit.

Je m'en vais dans le crépuscule argenté baigné de lumière froide, me promener dans les dunes de velours noir, parmi les brillants du firmament.

Les yeux grands ouverts, je vais marcher sur la voie lactée.

Mes pas soulèvent des nuages de poussière d'étoiles.

J'y vois les bouquets de tous les rêves qui montent des esprits endormis tout en bas.

Rêves de dormeurs enfermés dans leurs peurs, que le sommeil agite.Ils secouent leurs inconscients, sans parvenir à réveiller leurs subconscients qui pourraient les amener à la conscience de leurs frayeurs.

Mais ils dorment, se réveillent sans jamais s'éveiller. Dommage!

Je rêve les yeux grands ouverts.

lundi 30 novembre 2015

nouvel extrait : "Théâtre"

A l'heure où le jour se ramasse pour laisser place.

A l'heure où la nuit tisse son voile de silence.

A l'heure où se trament les bruits.

Sous le projecteur de lune, des milliers d'yeux observent, attentifs.

A l'heure où se jouent les drames.

A l'heure où les proies guettent leurs peurs.

A l'heure où l'araignée tend sa toile.

A l'heure où le loup hurle son cri d'amour.

A l'heure où la mort accueille la vie, la prend, la donne ou la vole.

A l'heure où naît la vie.

A l'heure où les âmes se cherchent, se trouvent, se lient, se brisent.

A l'heure où les corps se dévorent.

A l'heure où les amants se quittent.

A l'heure où se commettent les crimes.

A l'heure où certains meurent et d'autres crèvent.

A l'heure où les enfants pleurent.

A l'heure où les pas se feutrent.

A l'heure où les ailes planent.

A l'heure où tout se glace.

A l'heure où les acteurs se profilent, se faufilent, s'affirment.

Juste à cette heure-là....

Un chat de son ombre se lasse et passe, pour laisser place....

La nuit se casse.

vendredi 13 novembre 2015

extrait : "je vous aime"

Je vous aime irrésistiblement, passionnément,ardemment,impudiquement, intensément,absolument,carrément,indiscutablement,égoïstement,exclusivement, brutalement,brusquement,avec détachement.

Je vous aime avec tendresse, délicatesse, paresse,largesse,avec sagesse.

Je vous aime à tort et à raison, sans raisons, en suspension.

Je vous aime avec patience et impatience, science et conscience, inconscience et insouciance, avec effervescence.

Je vous aime avec légèreté, sensibilité,sérénité, fierté, vanité, loyauté, avec beauté.

Je vous aime d'aventure, sans parure.

Je vous aime d'amour, avec humour.

Je vous aime à l'infini....

Vous, la Vie.

samedi 31 octobre 2015

La ronde des deux mondes

Un monde fait de deux mondes.

Le monde des oui, le monde des non.

Un monde les séparait.

Le clan des non, avait enfermé en lui tous les oui.

Le clan des oui, vivait encerclé de non.

Et tout ce petit monde devait se supporter.

Il y avait les non, qui avaient tué en eux tous les oui.

Il y avait les non, qui avaient peur des oui.

Il y avait les non, qui n'osaient dire oui.

Il y avait les non, qui disaient tantôt oui, tantôt non.

Et puis il y avait les oui, qui disaient toujours oui, parce qu'ils n'osaient dire non.

Il y avait les oui, qui avaient peur des non, mais qui disaient oui quand même.

Il y avait les oui, qui disaient oui parce qu'ils aimaient dire oui. Ils avaient tué en eux tous les non qui ne leur étaient pas indispensables, mais en avaient gardé quelques-uns, pour avoir le plaisir de dire oui, après avoir discuté avec eux.

Et les non essayaient de dissuader les oui de dire oui. Et les oui, tentèrent d'expliquer que les non qui leur donnaient conseil, leur avaient conseillé de dire oui.

Mais les non, ne voulurent rien entendre et continuèrent à danser à la ronde autour des oui.

Mais les oui n'en firent qu'à leur tête.

Ils laissèrent tourner les non en rond, et remplis de malice, percèrent de petits trous dans le mur des non. Très petits, juste assez pour s'échapper, quand ils ne supportaient plus d'entendre les non.

Alors vite, dans le pré d'à côté, ils allèrent jouer avec d'autres oui. Pour le plaisir de rire et d'être bien, avant de retourner écouter l'éternelle ritournelle des non.

mercredi 28 octobre 2015

"Dites-moi l'heure"

Chut! C'est l'heure!
Quelle heure?

L'heure du jour!
Quel jour?

Mais, le jour de l'heure!
Oui mais, quelle heure?

Celle qui arrive, celle que l'on prend!
Que l'on prend?

Oui, celle du temps!
Du temps?

Du temps qui efface les traces!
Quelles traces?

Les traces des autres heures!
Des autres heures?

Oui, des heures qui existent!
Pourquoi les effacer?

Pour laisser place à l'heure!
Quelle heure?

Celle qui n'existe pas!
Mais, si elle n'existe pas?

Mais si, elle existe!
Où? Quand?

Dans l'instant qui vient!
Dans l'instant qui part!
Dans l'instant du temps!
Dans l'instant du jour!
Dans l'instant de l'heure!
Oui, mais quelle heure?

Celle qui attend!
Qui attend quoi?

Qui attend de naître pour mourir!
Et renaître dans l'heure!
Quelle heure?

L'heure du bonheur!
Celle qui ronge les autres heures avec impatience et comble les vides avec patience.
Oui mais, quelle heure?

Mais.... la mienne, la tienne, la vôtre!


lundi 26 octobre 2015

Extrait : "Un matin d'août"

Ce matin-là, le village s'est réveillé avec une étrange sensation.

On aurait dit qu'il s'était rétréci et cela créait une atmosphère angoissante où chacun avait l'impression d'étouffer.

Pourtant, tout avait bien commencé. L'aube était venue, à petits pas rosés, poussée par le soleil jaune pâle qui émergeait à l'horizon, repoussant l'édredon de velours étoilé de la nuit.

Les coqs des environs, après avoir ébouriffé leurs plumes aux couleurs chatoyantes et mordorées, avaient claironné haut et fort l'arrivée du jour.

C'était le signal pour les poules et tous les autres oiseaux.
Mais tout à coup, tous ces petits sons gais se sont tus, un à un.

Le coq, inquiet, a rassemblé ses poules et les a reconduites à l'intérieur du poulailler où instinctivement, elles se sont mises la tête sous l'aile.

Ce matin d'août n'allait pas être comme les autres.

Le village commençait à s'éveiller, ses habitants ouvraient tentures et volets. Petit à petit, le sentiment d'angoisse arrivait, en même temps qu'un sourd grognement venu du ciel, à l'est.

Lentement, arrivaient des coulées de nuages lourds et menaçants. Gris et bientôt tellement foncés, qu'ils en devenaient noirs.

Aussitôt, le ciel tout entier fut pris d'assaut. La lumière du soleil s'éteignit, plongeant les maisons dans une clarté blafarde.

L'ombre coulait sur les façades, recouvrait les verts, les jaunes et les rouges des jardins.

Les coeurs palpitaient à l'unisson, le regard tourné vers le ciel.

Arrivèrent les éclairs, claquant comme des fouets. Les têtes se courbèrent, les volets se fermèrent.

Le village entier suffoquait, se faisait tout petit et attendait que la colère du ciel passe.

La sueur coulait des tempes battantes. Le ciel déversait sa rage en trombes d'eau grises.

Puis, doucement, un à un, les oiseaux reprirent leur chant. Le coq ressortit ses poules, les fleurs redressèrent leurs corolles, les arbres secouèrent leurs branches et la lumière se fit étincelante et chaude sous le soleil bien levé cette fois.

Les visages se remirent à sourire et le village radieux se redressa. Frais, lavé, parfumé.

jeudi 22 octobre 2015

extrait : "Comme les chats"

Comme les chats, j'aime être paresseuse pour être heureuse.

Comme les chats, j'aime ronronner, pour que des mains viennent me caresser.

Comme les chats, j'aime m'étirer avec volupté.

Comme les chats, j'aime lécher.

Comme les chats, j'aime rôder, j'aime jouer, j'aime chasser, j'aime la nuit.

Comme les chats, j'aime me laisser prendre, pour ensuite m'échapper et revenir.

Comme les chats, j'aime poser.

Comme les chats, j'aime observer.

Comme les chats, je suis chatte.

lundi 12 octobre 2015

nouvel extrait "Mort d'un poète"

Raphaël était un peu fou selon les uns, un peu poète selon les autres.
Aujourd'hui, il s'en allait, suivi d'un long cortège.

Et je me souviens....

Nos mères déjà étaient amies et nous sommes nés presque en même temps. Raphaël semblait toujours calme, rêveur ; il me confiait parfois qu'en lui fleurissaient des lettres, qu'elle ne composaient jamais de mots, encore moins des phrases. Les lettres étaient devenues son obsession, jamais il ne les capturerait, jamais il ne les coucherait sur papier. Il me disait qu'il les mettait en couleur selon ses humeurs, les battait parfois quand il était en colère. Quand mon ami rêvait très loin, très haut, je savais que ses complices devenaient de savantes équations qui équilibraient l'univers, qu'elles devenaient visionnaires et construisaient d'autres mondes.

Raphaël n'en restait pas moins homme... il avait arrondi bien des ventres et semé ça et là de petits poètes. Il était comme ses lettres, ne se laissait jamais enchaîner.
Lorsque son âme se faisait amoureuse, les lettres se faisaient culbutes de tendresse, gazouillis d'hirondelles.
Quelquefois, son âme malheureuse ou tourmentée dessinait dans le ciel d'encre, des aurores boréales pour effacer ses amours déçues.
Mais quand sa virilité et sa passion éclataient...! Les lettres frémissaient, gémissaient, s'érotisaient.... Dominatrices et de braise ; rouge sang!
Elles devenaient femelles et les accents mâles les soumettaient, les basculaient, les accusaient avec des points d'exclamation, les criblaient de coups de points.

Je savais que c'était un poète. Seulement, il ne voulait pas, ne pouvait pas s'écrire! Ses lettres et lui devaient rester libres.

Enfin, c'est ce que je croyais!
Car, il y a à peine deux semaines, il me confia un papier soigneusement plié et me dit d'une voix presque théâtrale :
"Voilà, je sens l'heure arriver où tout va s'éteindre pour moi. Je le sais car je t'ai caché, comme à tout le monde d'ailleurs, que mon coeur est fatigué et je t'avoue à toi seul, que je ne désire pas prolonger le temps qui m'est imparti.
Je vais te demander une chose qui va te surprendre ; ce papier que tu pourras lire bientôt, je veux que tu te charges de le faire graver sur la pierre qui m'ornera. Ce sera mon épitaphe.
Tu connais mon combat avec les lettres et mon désir de les laisser libres d'aller et venir.
Mais je ne veux pas tout quitter sans laisser au moins une trace de moi et je veux partir sans regrets!
J'avoue que je n'ai pas été vraiment honnête vis-à-vis d'elles, mais j'avais envie de m'accorder un brin de vanité!"

Quelques jours plus tard, je dépliai le papier et lus :
"Rendez-vous! Il vous faudra bien vous rendre à l'évidence: sans moi, vous n'êtes plus que lettres mortes!"

Raphaël


samedi 3 octobre 2015

nouvel extrait : les deux visages de l'innocence

Innocence, ambigüe aux deux visages.

Lorsque ton regard naïf et confiant, croise un regard de détresse, caché derrière un sourire ; irrésistiblement, il t'attire.

Ce regard aussitôt se transforme en regard de convoitise et te voilà, innocence, transformée en tentation.

On veut te voler, te prendre.

Es-tu certaine de vouloir résister, quand à son tour, le regard devenu terriblement innocent, te saisit, te happe?

Tu le connais. Et au fond de tes entrailles, tu sens en toi la fleur du mal qui s'ouvre, s'exhale.

Elle a envie de s'épanouir, de se confondre au parfum de l'orchidée noire que tu regardes dans cet autre miroir.... tentation.

Tentation de l'innocence cachée au coeur de la fleur, que tu as envie d'aller cueillir.... en toute innocence.

Fleurs d'interdits, aux parfums de l'âme.


mardi 22 septembre 2015

"couleurs"(suite et fin)

"J'ai rêvé roux."
"Doux."

"J'ai rêvé saphir."
"Partir."

"J'ai rêvé nacre."
"Consacre."

"J'ai rêvé beige."
"Abrège."

"J'ai rêvé boue."
"Joue."

"J'ai rêvé écarlate"
"Eclate."

"J'ai rêvé mauve."
"Sauve."

"J'ai rêvé...j'ai rêvé.... Je ne sais plus!"
"Moi non plus!

"couleurs" (suite)

"J'ai rêvé or."
"Mord."

"J'ai rêvé vermeil."
"Merveille."

"J'ai rêvé miel."
"Eveil."

"J'ai rêvé brun."
"Embruns."

"J'ai rêvé gris."
"Souris."

"J'ai rêvé argent"
"Prend."

"J'ai rêvé pourpre."
"Souffre."

"J'ai rêvé azur."
"Pur."

"J'ai rêvé rubis."
"Ris."

........

"couleurs"

"Maman,j'ai rêvé de couleurs!"
"Raconte!"

"J'ai rêvé noir."
"Espoir."

"J'ai rêvé blanc."
"Attend."

"J'ai rêvé rouge."
"Bouge."

"J'ai rêvé bleu."
"Veux."

"J'ai rêvé vert."
"Taire."

"J'ai rêvé rose."
"Pose."

"J'ai rêvé jaune."
"Prône."

"J'ai rêvé orange.
"Mange."

...........


samedi 19 septembre 2015

"Forêts" (suite et fin)

Le vent qui répand sur les cimes les nouvelles de la terre entière; les soupirs de toutes les forêts.... Nostalgie des temps passés, quand les elfes et les lutins, les loups et les sorcières, les mythes et les légendes les protégeaient des hommes. Les temps passés où elles régnaient sur terre, fortes et vertes, inviolées et respectées.

Maintenant, bras décharnés, doigts noueux, troncs creux.... aux automnes des continents, elles pleurent des feuilles de sang et d'ocre.

La sève, lentement  descend et trouve refuge au plus profond des racines, de plus en plus loin dans le ventre de la terre, telle des veines....
Pour y trouver la force de renaître encore.

La pensée se coule dans les veines.

Le sang de la terre y répand ses rumeurs.

La pensée écoute, l'Homme Nu entend.

La clairière le réchauffe; lentement ses paupières s'entrouvrent.

La forêt chuchote, la terre raconte : 

La nuit où la lune est ronde et si pleine qu'elle vient à toucher la terre et tracer les clairières.
Ces nuits-là, le hibou vient se poser sans bruit dans les bras tendus, s'accrochent à leurs doigts secs; les ombres s'ancrent dans cette rondeur rousse.
Il attend... Elle, lourde des rêves de l'Homme et d'Ailleurs peut-être, se pose et se délivre.
Lorsqu'elle remonte, légère et blanche, le hibou, du bout de l'aile, se laisse glisser sur le velours bleu et soyeux de la nuit vers de funestes agapes.

Plus tard, l'Homme Nu verra à l'intérieur de l'empreinte de lune, germer les rêves qu'elle y a déposés.

C'est ce que racontent la terre et les forêts.
C'est ce qu'entend la pensée.

A l'abri des racines, sous le couvert de cette verte mère, la terre lève ses armées.

Seul l'Homme Nu connaîtra ses secrets.


extrait : "Forêts" (première partie)

Une clairière. Un Homme Nu, ventre uni à la Terre.

La nuit pousse ses derniers soupirs, l'aube se lève, frissonnante de brume.

L'esprit vierge, paupières closes, l'Homme Nu laisse sa pensée s'échapper.... à l'écoute de la forêt.

Paresseuse, curieuse, la pensée s'étire, se réchauffe aux premières lueurs du matin.

Odeurs brunes et lourdes.... feuilles mortes, champignons.

Senteurs vertes et humides.... mousses et fougères.

Parfums sucrés.... fleurs et fruits des bois.

Les échos nocturnes lentement s'estompent, cèdent la place aux silences mouillés du jour naissant. Striés de trilles, déchirés de brames.

Résonances.... troncs rugueux et anciens.

Notes légères... bois lisses et verts, impatients de se faire une place aux sommets.

La pensée doucement s'élève, se faufile entre les trouées bleues, rebondit de feuille en feuille.

Bruissements et chuchotements.

Elle plane au-dessus de cette mer de verte mouvance, à l'écume de brume laiteuse.

Elle entend le murmure du vent, qui de forêts en continents survole les océans. ......

dimanche 13 septembre 2015

suite de "la maison des secrets"..... et fin

Quand tout fut fin prêt, les visiteurs quittèrent la terre et elle eût enfin sa Grande Colère. Elle ne laissa rien. Elle garda les survivants dans un long sommeil, ne laissant en eux que leurs rêves. Elle avait effacé toute la mémoire technologique et celle du Pouvoir. Le temps les éveillerait quand les bataillons de fourmis et autres insectes auraient terminé leur oeuvre de digestion et de décomposition.

Il n'y avait plus de jour, plus de nuit. Le ciel était sale d'un bout à l'autre de la planète.

Bien plus tard, la grisaille se troua enfin de quelques rayons de lumière et de chaleur.

Une nouvelle oeuvre débuta. Lentement.

Entre-temps, les humains s'étaient doucement réveillés. Ils s'organisèrent en petites sociétés timides. Trouvèrent d'instinct comment se nourrir.

Mais la Terre maintenant ne les laisserait plus faire. Elle les surveillait, les guidait. Leur susurrait des rêves de verdure et de paix. 

Et les refuges secrets attendaient.

Des enfants naissaient, grandissaient.

Jaccassandre raconte qu'elle avait rêvé d'une vaste étendue d'eau qui bougeait et murmurait. Minoël n'écoute que d'une oreille puis s'arrête brusquement et montre du doigt quelque chose qu'ils n'avaient jamais repéré jusqu'ici.
On la devinait à peine, cette vieille maison derrière la verdure touffue.

Jacassandre, Séléssine et Minoël, curieux et téméraires, décidèrent de s'y aventurer. Prudemment, ils poussèrent la porte de bois grinçante. Un volet tomba et invita la lumière à entrer. Le trio resta un instant immobile et découvrirent du regard un tas de choses insolites : des meubles et des livres dont parlaient les anciens et bien d'autres choses encore!

Mais le plus extraordinaire étaient les senteurs de cette maison! Elles éveillaient en eux d'étranges sensations de bien-être, des relents d'un très lointain passé. Des images se firent dans leur esprit. Des sons, des couleurs.... .

Ils coururent chercher les autres. Les Anciens eurent le privilège de découvrir le sous-sol regorgeant de mémoire.

La Terre, satisfaite, libéra en eux d'autres mémoires : celles de l'écriture et de la lecture. De la réflexion. D e la culture.

Un à un, les refuges disséminés dans le monde, dévoilèrent leurs secrets de sable et de verdure, d'eau et de temps.... et celui de la Grande Colère de la Terre. Terrifiante.


vendredi 11 septembre 2015

nouvel extrait : première partie de : "La maison des secrets"

Il y a des siècles qu'elle dort là, au milieu d'une clairière envahie de ronces. Protégée par un cercle de pierres qu'on  n'apercevait plus. Elle aurait dû être en ruine et avalée par les lierres. Mais elle est particulière.

Construite pour durer, pour préserver la mémoire de la Terre. Erigée par les visiteurs venus d'ailleurs. Souvenez-vous, la Terre un jour était malade. Elle s'était doucement révoltée, cherchant à prévenir l'humanité, mais l'humanité n'écoutait pas et des cousins d'une lointaine galaxie étaient venus oeuvrer sur terre.

Ne pouvant la guérir, ils se sont mis à disséminer à travers la planète des refuges secrets. Tout ce que la terre portait, toutes ses senteurs, toutes ses semences et ses graines avaient été classées, triées,classifiées, protégées dans des bocaux spéciaux. Notifiées et dessinées minutieusement dans des cahiers aux pages imputrescibles. Avec une écriture arrondie, belle et élancée. Dans les sous-sols de ces refuges régnait une activité fébrile qui dura des années et des années.

Les hommes n'avaient toujours pas changé en 2023. Ils étaient devenus froids et distants. Tout était virtuel et même les enfants devenaient rares. Souvent remplacés par des mac 17, petits robots très mignons à figure de bébés. Mac 17, précédés de macs 16 et bientôt suivis par les macs 18,19...

Déjà en ce temps-là, peu avant la grande colère de la Terre, deux enfants avaient découverts la clairière.

En secret, Saëlia et Théophile s'éclipsaient souvent pour entrer dans la maisonnette. La porte grinçante, les volets de guingois, les ravissaient. La poussière douce et grise, les toiles d'araignées comme des attrape-rêves, rêves d'un temps qui n'existait plus. Un vieux stylo semblait les observer. Une montre dans un bocal, regardait passer le temps.

Saëlia avait trouvé dans le grenier, une vielle clarinette et avait réussi à en tirer des sons qui avaient attiré quelques crapauds. Théophile du coup, s'était fait éleveur de crapauds. Ils rêvaient et riaient, sans jamais apercevoir les visiteurs du sous-sol............ (il y a une suite...)

lundi 7 septembre 2015

"Il était une fois" (extrait du chapitre passé simple et futur antérieur, écrit il y a plus de quinze ans)

Il était une fois, née de l'Univers, une petite fille appelée Terre;

Bercée dans les bras infinis de sa mère, elle grandit, elle grossit.

Heureuse, elle se mit à bourgeonner, à se couvrir de verdure luxuriante, de sources pures, d'océans en mouvement.

Semés par son père, de petits êtres se mirent à courir sur elle et à la chatouiller. Elle rit de plaisir.

Puis un jour, la fièvre s'empara de son corps. Une maladie inconnue, germée d'une semence avariée, l'envahit toute entière. Elle s'étendit sur toute la surface de son globe, pénétrant ses chairs, souillant de ses déchets tout ce qu'elle avait de beau.

Ainsi naquit le virus humanoïde.

Elle cria de douleur. Essaya de s'en défaire. Ses volcans se mirent à rugir, ses eaux à déborder, ses éclairs à foudroyer, ses vents à tournoyer.

Elle se débattait, impuissante, sous le regard inquiet de ses parents.

Que fallait-il faire? La laisser mourir?
"Non, il faut la sauver."

Quelques Êtres, vêtus de beaucoup de théories, se penchèrent sur elle, tentèrent d'expliquer. Analysant, discutant, proposant.

Mais de solutions, point n'en donnèrent.

Seule la patience pourra peut-être la guérir.

Alors, souffrant de la voir souffrir à ce point, ses parents décidèrent d'envoyer sur terre, des cousins éloignés, venus d'une autre galaxie, à l'éminence grise fort développée, remplis d'un autre savoir.

Pour ne pas effrayer les Êtres restés sains et surprendre les virus mortellement contagieux, ils prirent le visage de l'Homme et commencèrent sous terre, leur travail de longue haleine.

Combien de temps leur faudra-t-il?
Les avez-vous déjà entendus, aperçus?
Peut-être sont-ils parmi nous, parmi vous?

Qui cherche trouve. tout arrive à celui qui sait attendre.

Et elle attend de guérir, pour que ses plaies doucement puissent se refermer.

Et ils la soignent, lentement, tendrement.



dimanche 30 août 2015

nouvel extrait : " Les mots"

J'ai parlé de vous aux pages blanches. Elles ont envie de vous connaître.... autrement.

Car vous n'êtes encore que des mots.... vides, calligraphiés, textes, mémoires, grammaire, vocabulaire, analyse,synthèse. N'avez-vous pas envie de naître?

Si vous le désirez, je peux vous donner vie, vous gonfler, vous tordre, vous habiller, vous colorier, vous faire rire ou pleurer, vous faire penser ou réfléchir.... pour que vous puissiez vous exprimer.

Pour vous, je me ferai alchimiste; je vous pétrirai de mes mains, dans le creuset de mon esprit.

Vous serez amalgame de reflets, d'images. Je vous donnerai un peu de tout, un peu de moi.

Et peut-être qu'ensuite, après beaucoup de patience, vous pourrez dire, vous pourrez animer les pages... devenir poèmes, récits, histoires, Vie.

mercredi 26 août 2015

nouvel extrait : "Pages blanches"

Pages blanches... mon défi!

Propres, lisses, vierges.... vous me tentez.

J'ai envie de vous remplir, de vous noircir, de vous envahir.

Me coucher sur vous, vous violer de mes mots.

Vous serez lourdes de mes colères, légères de mon âme, confuses parfois, étourdies, étonnées, déroutées, malmenées. Mais vous m'écouterez... et si je le veux, vous deviendrez... vous serez,.... Livre!

On écorchera vos pages, on se moquera peut-être. Mais aussi, on vous lira avec passion, avec regrets, de loin, de près, intimement ou pas du tout.

Quelles que soient les mains qui vous manipuleront, les yeux qui vous déshabilleront, vos pages s'animeront et vous existerez enfin!

Mais avant, je dois me battre avec mes mots, pour que vous puissiez êtres vivantes, pour qu'on puisse vous entendre en même temps que vous serez lues...

Alors permettez-moi de vous posséder et attendez de découvrir avec moi les mots....


vendredi 21 août 2015

extrait : "Blues de printemps"



Blues de printemps, blues de toi.

Peurs enfantines, peurs d'amoureuse devant ton coeur à prendre.

Rêves de lendemains à laisser s'envoler, bulles irisées.

Lettres d'amour à jamais effacées, une trace peut-être dans le sillon de ton coeur.

De moi à toi, alchimie de l'âme qui m'ouvre le corps et l'esprit.

De toi à moi, l'alchimie du corps et de l'esprit qui s'ouvre à mon corps, le coeur libre et l'âme légère.

Ni Rimbaud, ni Verlaine,

Juste.....

samedi 15 août 2015

nouvel extrait : "Et si"

Et si j'étais un nuage,
serais-tu le ciel bleu dans lequel je pourrais m'étirer, m'étioler, me dissoudre de bien-être?
Tout comme je serais le ciel bleu de tes nuages.

Et si j'étais un rayon de lune,
te ferais-tu le miroir du lac pour que je puisse m'y regarder danser?
Tout comme je serais pour toi le reflet de ton miroir.

Et si j'étais une note de musique,
serais-tu la portée qui transportera mes ondes pour fair vibrer mon âme?
Tout comme je serais pour toi la mélodie qui te fera onduler à mon rythme.

Et si j'étais le tonnerre,
serais-tu l'éclair qui répondra à mes grondements, pour me faire éclater en orages et déverser la pluie de mes chagrins?
tout comme je serais pour toi le claquement de l'éclair pour te faire colère.

Et si j'étais le vent,
serais-tu le souffle qui me transporterait plus loin, qui me gonflerait de tempêtes et d'ouragans, pour ramener en moi la brise?
Tout comme je serais pour toi le vent pour te faire léger.

Et si j'étais le feu,
serais-tu le bois qui l'alimente pour que puissent danser les flammes et brûler mes désirs?
Tout comme je serais pour toi le bois pour te faire braise.

Mais.... Je Suis et Tu Es.

mardi 11 août 2015

Mémoire de Rosée

Tout se passe à l'heure magique où la nuit s'accroche au bord de la terre.... Apparaît le jour.

Une écharpe de brume nous dépose délicatement ça et là, toutes rondes.

Brillantes et éphémères, petites sphères de rosée.

Le monde s'éveille et nous capturons les derniers soupirs de la nuit.

Les oiseaux nous gazouillent leurs rêves en se désaltérant de notre fraîcheur.

Une araignée trempe ses pattes.

Dans le coeur des fleurs, nous accueillons leurs secrets.

L'oreille ronde, nous écoutons les fourmis colporter les rumeurs de la terre.

Les premières senteurs nous arrivent avec les premiers rayons de lumière.

Une frayeur nous fait trembler à l'approche de la chaleur. elle nous annonce la fin de notre vie, le moment où nous obéirons aux lois immuables de la nature.

La terre ne nous confie pas ses secrets, mais nous sommes sa mémoire.

Demain, transportées par le vent, condensées en rangs serrés dans les nuages, nous renaîtrons. Source ou déluge, brume ou rosée, tout en haut du clocher ou perdues dans les égoûts....

Tant que tournera la terre, selon ses humeurs,.... nos infinies naissances.

vendredi 24 juillet 2015


Règne

Et si venait le règne de la Femme, pour que puisse venir le règne de l'Homme, qui dressé de toute sa virilité fera tourner la terre sur son axe, pour que puisse tourner le monde.
Et venir le règne de l'Enfant, ce Devenir, qui fera de lui un Homme, d'elle une Femme.

Qui sauront attendre celle ou celui, qu'il ou elle aura choisi pour vivre en paix.

Se laisseront aller et venir en toute quiétude, pour parcourir en parallèle le long chemin de la Vie.

Solitaires et si bien ensemble, dans leur intimité. 

samedi 18 juillet 2015

"Liens étrange" (suite...et fin)

.....

Après ce coup fatal, je hurlai à Franck : "Vas t'en, vas t'en, tu l'as tuée! Assassin! "
Et Franck, complètement ahuri, est parti sans un mot. Il ne m'a pas encore rappelée, mais je sais que c'est à moi de le faire. Je lui ai juste laissé un petit message : "Excuse-moi, je t'expliquerai tout, quand j'aurai fait mon deuil. Attends-moi. "

C'était par une belle journée d'été que j'ai fait sa connaissance, sur le bord de mon évier de cuisine. Elle avait réussi à se faufiler entre la moustiquaire. Elle m'a regardé de tous ses yeux, tranquillement posée. Je ne sais pas ce qui s'est vraiment passé. Ses regards étaient intelligents, elle frétillait de l'abdomen, se frottait les pattes et semblait vouloir me dire quelque chose, si je puis m'exprimer ainsi. Je ne l'ai pas chassée, et de jour en jour, elle m'apprivoisait. Elle venait souvent bourdonner sur mon épaule, me demandait l'autorisation de sucer un peu de sucre en y posant une patte tranquille.
Le soir, elle atterrissait sur mon genou et on regardait la télé ensemble. Elle aimait les documentaires.

Non, je ne suis pas folle!

Mes journées passaient vite, j'étais de bonne humeur car je savais qu'elle attendait mon retour.

Elle se faisait discrète quand Franck venait. Mais peut-être qu'elle a fini par devenir un peu jalouse ou exclusive, ou m'en a-t-elle voulu que je ne lui aie pas présenté Franck en bonne et due forme.

Est-ce pour cela qu'elle est venue se balader entre nous deux ce soir-là? En toute confiance, sûre d'elle, possessive.
Sans se douter que......

dimanche 12 juillet 2015

Liens étranges (première partie)

"Disons qu'il fut un temps où je vivais avec une mouche."

C'est par cette petite phrase que je tentai d'expliquer ma dépression à mon entourage. On me regarda bien d'un air un peu perplexe, mais personne n'osa poser de questions et je les laissai à leurs commentaires.

Comment sortir de ce vague à l'âme, de ce grand vide laissé par une mouche?

J'en voulais à Franck, mon amant si adorablement macho et tellement attentionné. Chacun vivait chez soi et nous nous entendions à merveille. un soir, je l'invitai à dîner. Ce fût la catastrophe! Franck vit se promener tranquillement sur la table, une mouche et .... Vlan! D'un seul coup elle fût morte, sans rien comprendre!

Je m'en veux! J'aurais dû expliquer à Franck ma relation étrange, ma liaison avec cette mouche. Peut-être aurait-il compris?

Mais l'idée ne m'était jamais venue d'expliquer quoi que ce soit à qui que ce soit à propos de mon amitié particulière.

(...... suite très bientôt)

mardi 7 juillet 2015

Pêle-mêle

pêle-mêle, mes pensées s'emmêlent, s'en mêlent, s'entremêlent;

m'interpellent, s'interpellent, vous interpellent;

elles m'appellent,s'appellent, vous appellent;

dans le creux de mes silences, elles chuchotent, me parlent, se parlent, vous parlent;

de tout, de rien.....

pêle-mêle, elles s'emmêlent, s'en mêlent....

s'en vont et s'en viennent.

samedi 27 juin 2015

extrait de mon livre auto-édité "pêle-mêle"

Nature insolite

La nature avait décidé de changer ses habitudes.Les arbres se coccinellisaient et les coccinelles se nuagaient en petits moutons cubiques.
L'herbe coulait en grandes rivières vertes à travers les prairies de cailloux.
Petits cailloux en caoutchouc où rebondissaient les vaches devenues aussi légères que des papillons.Qui n'existaient plus que dans un passé d'hier à seize heures trente-six.

Les fleurs pendaient au ciel comme de grands parapluies ouverts à l'envers. 
des gouttes noires tombaient sur les lapines en désarroi.
Ce grand nigaud de pissenlit rêvait d'un parfum de rose.
L'épave d'un éléphant se prélassait dans la rivière d'herbe en regardant tomber les parapluies.